Le livreL’enlèvement de l’Église et l’ombre de ce monde
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Chapitre 5

De la vérité aux déviations (2/5)

martyre; (I) Inquisiteur; (T) assassin ou complice de meurtre peut-être même du pape

précédent; (A) Assassiné par la curie ou autres. Maintenant attaquons-nous aux différentes phases de la papauté.

Les Martyrs (67 (?) Ŕ 337) Bien que le Nouveau Testament n’affirme pas que Pierre soit devenu Chef de l’assemblée de Rome, le Seigneur Lui-même fait allusion à sa mort glorieuse. Des archives romaines permettent également de croire en cette possibilité. Cette Église a été fortement persécutée. Puis, la situation de l’assemblée de Jérusalem comme point central des Églises est devenue de plus en plus précaire. Nous savons qu’en l’an 70 Après J-C., les Romains attaquèrent Israël et Jérusalem; les Juifs survivants furent dispersés à travers les nations. Ces faits connus, probablement, l’apôtre Pierre vers la fin de son ministère prit-il la direction de l’assemblée de Rome ou de toutes autres Églises existantes à cette époque. La Bible n’en fait pas mention, peut-être l’apôtre était-il déjà mort. Cette Église ayant fait de nombreux faux, il est difficile de confirmer la véracité de ce qui peut être une légende. D’ailleurs, avant l’an 155, on est sur un terrain raboteux à savoir l’exactitude des dates et des écrits, voire même des noms. Férocement persécutée par Néron Domitien, Hadrien, Maximin I, Décius, Gallus, Dioclétien et Maxence, cette Église primaire vivote. Ces nombreuses persécutions expliqueraient son éloignement des livres Saints. Les évêques de cette Église romaine primitive sont les suivants : Pierre( M? ? ? ), Linus( M ) (67 Ŕ76), Anacletus( M ) (76,88), Clément( M ) (88-97), Évariste( M ) (99-107), Alexandre( M ) (107-116), Sixte( M ) (116-125), Télesphore (125-136), Hygin (138-142), Pie I (142,155), Anicet( M ) (155-166), Soter (166-174), Euleuthère (174- 189), Victor (189-198), Zephyrin (198-217), Calixte( A ) (217-222), Urbain (222-230), Pontien( M ) (230-235), Antère (235-236), Fabien (236-250), Corneille( M ) (251-253), Lucius (253-254), Etienne (254-257), Sixte II( M ) (257-258), Denys (260-268), Félix (269-274),

Euthychien (275-283), Caius (283-296), Marcellin (296-304), Marcel( M ) (307-308), Eusèbe( M ) (309-310), Mitiade (310-314), Sylvestre (314-335), Marc (336).

Naturellement comme Jésus et les apôtres l’avaient eux-même dit, l’ivraie tenta de s’introduire dans l’Église primitive par le biais de différentes doctrines et de faux docteurs. À cette époque les principales hérésies rencontrées furent le gnosticisme 147, l’arianisme 148, le manichéisme 149 et le marcionisme 150.

En ce qui concerne les relations entre les Églises et leurs évêques, elles vont évoluer. Entre 93 et 97 des troubles dans l’Église de Corinthe surgirent. Or le vieil apôtre Jean vivait encore sur l’Île de Patmos. Mais, on en refère à Clément de Rome. Pourquoi? Rome était une Église persécutée et on reconnaissait la qualité de ses membres et leur zèle. De plus Clément aurait été ordonné par l’apôtre Pierre et était un disciple de Paul. Donc, il était habilité de par son expérience à prendre des positions dans l’Église. Sur un ton de bonté paternelle et avec une autorité marquée dans sa lettre aux Corinthiens, il prendra position et tranchera le conflit. Il réglera le conflit sur la position de compétence et non comme successeur de Pierre. Soter (166-174), écrit une lettre à l’évêque Denys à Corinthe, dans le fragment de cette lettre, les deux évêques sont sur la même égalité. Victor (189-198), les Églises ne s’entendent pas sur la date de Pâques, elles demandent l’avis de Rome. Rome tranche et demande droit de regard sur toutes les autres Églises. Cependant les Églises d’Asie, l’envoient promener. Vers cette époque le baptême des petits enfants fit son apparition. Une autre modification frappante fut faite; celle qui fit du repas en mémoire du Seigneur et de sa mort Ŕ la sainte cène Ŕ un acte accompli miraculeusement par un prêtre. Ces deux faux enseignements marquèrent encore davantage la distinction entre le clergé et les laïques. Il se développa un système clérical placé

147 Le petit Larousse illustré 1990. Gnosticisme : Doctine basée sur la philosophie grecque qui professait un dualisme radical et fondait le salut de l’homme sur un rejet de la matière soumise aux forces du mal ainsi que sur une connaissance supérieure (gnose) des choses divines. 148 L’Église ignorée par E.H. Broadbent, La collection d’or, Editions Impact, 230, rue Lupien, Cap-de-la- Madeleine, P 22. Arianisme : De Arius, presbyte d’Alexandrie, qui prétendait que le Fils de Dieu était un être créé, le premier et le plus grand de tous, il est vrai, mais ne pouvait pourtant être considéré comme égal au Père. 149 L’Église ignorée par E.H. Broadbent, La collection d’or, Editions Impact, 230, rue Lupien, Cap-de-la- Madeleine, P 17. Manichéisme : Son système dualiste était dérivé de sources persanes, chrétiennes et bouddhistes. Mani aspirait à continuer à parachever l’œuvre commencée par Noé, Abraham, Zoroastre, Bouddha et Jésus. 150 L’Église ignorée par E.H. Broadbent, La collection d’or, Editions Impact, 230, rue Lupien, Cap-de-la- Madeleine, P 14-15. Marcionisme : Marcion affirmait que le monde n’avait pas été créé par Dieu Très-Haut, mais par un être inférieur. Faux docteur, il falsifia le Nouveau Testament.

sous la domination des évêques soumis eux-mêmes à des « métropolites » établis sur de vastes territoires. Ainsi une organisation tout humaine, avec ses formes religieuses stéréotypées, vint supplanter dans les Églises autonomes la puissance agissante du Saint-Esprit et les directives des Écritures. Félix (269-274) se mêle de destituer Paul de Samosate, évêque d’Antioche, convaincu d’hérésie par les membres de l’Église et remplacé par Rome pour Domnos. En fait la position de Rome fut politique, c’est elle qui fit pression sur l’empereur Aurélien pour faire destituer militairement l’évêque d’Antioche à la demande de l’Église d’Antioche. La décision était celle des membres de l’Église d’Antioche, alors elle fut entérinée. Sous Jules I (337-352), l’Église romaine s’imposant aux autres Églises d’occident par sa force politique qu’elle exerce sur l’empereur romain en occident se mêlera de faire des recommandations à l’Église d’orient. Voici ce que l’Église d’orient répond : « Tout en affirmant leur respect à l’endroit du siège romain, les évêques orientaux contestent à l’Église de Rome le droit de donner des ordres. L’importance d’une Église ne se mesure pas à la grandeur de la cité où elle est établie. Pourquoi l’Occident se mêle-t-il de discuter les décisions de l’Orient? Jadis dans l’affaire de Novatien ou dans celle de Paul de Samosate, l’Orient a accepté, sans discuter, les sentences de l’Occident. Qu’on en agisse de même aujourd’hui. Sinon, ce sera rupture ». Habituée à la coutume des Églises d’Occident par sa pression politique, Rome réplique : « Ignorez-vous que la coutume est de nous écrire, à nous en premier lieu, afin que la justice soit rendue d’ici? 151 ». Ce conflit persisistera et en l’an 410, Rome et Constantinople se sépareront.

Entre-temps, le clergé prit tant de place dans l’Église de Rome que les montanistes et les cathares attachés au pur enseignement des apôtres se sont séparés complètement. Allez donc savoir si les Abligeois, les Vaudois, les Huguenots et bien d’autres n’étaient pas la noble succession de cette scission ou tout simplement des Églises fondées par des disciples et même des apôtres. Quoiqu’il en soit, ces nobles frères et sœurs vivants en paix furent persécutés, soumis à l’Inquisition et pourchassés sans relâche par la Sainte Église catholique romaine apostolique.

Dès l’an (88-97), on remarque des erreurs doctrinales graves au sein de l’Église de Rome. Dans sa lettre aux Corinthiens, Clément répond : « Les prêtres déposés doivent être

151 Chronologie des papes par Jean Mathieu-Rosay, Collection Marabout Université, copyright 1988, Belgique, P 57.

impérativement réinvestis dans leurs fonctions. Les fauteurs de troubles seront assignés à la résidence forcée loin de Corinthe. Ce n’est pas aux laïcs à faire la loi aux prêtres qui tiennent de Dieu leur autorité. Pour les ordinations, le droit hiérarchique doit être strictement respecté 152 ». Si ce document est exact, la douceur toute chrétienne des apôtres et de Jésus aurait baissée, puisqu’on y parle de punitions. Les apôtres auraient probablement instruit, exhorté ces hommes. Si le salut par la Grâce avait été touché, on aurait probablement rejeté ces gens de l’Église. Autre, il semble y avoir une classe laïcs et un clergé dans l’Église. Du temps des apôtres, les laïcs étaient évêques, prêtres, diacres et pouvaient occuper toutes les fonctions dans l’Église Universelle de Christ. Certes, Paul avait mentionné que célibataire, il abattait plus d’ouvrage pour le Seigneur, car il n’avait pas à plaire à sa femme. Mais il n’est pas donné à tous d’être eunuque. Clément donne au clergé une supériorité sur les laïcs, mais les apôtres n’auraient pas accepté cela. D’ailleurs n’est-il pas dit que celui qui dirige bien sa famille saura bien diriger l’Église de Christ ? Cependant, nous verrons que de nombreux papes avaient des enfants et que l’abandon du laïcisme s’est fait au fur et à mesure que le clergé devint puissant. Alors les cardinaux, évêques, prêtres étaient issus de monastère et la proportion bascula du côté du clergé pour l’Église catholique. Calixte (217-222) établit un jeûne à la cueillette, aux vendanges et à la moisson. Voyez-vous, on commence à ajouter à la Bible. Marcellin (296-304) remet les livres sacrés de l’Église sous Dioclétien. Eusèbe (309- 310) proclame qu’il n’y a pas de repentance pour les lapsis 153. De quel droit s’interpose t-il entre Dieu et l’homme, ne regarde t-il pas les écrits. Hélas! Marcellin les a déjà remis et en temps de persécutions il n’a pas le temps de recopier les Saintes Écritures d’une autre Église. Mitiade (310-314) reçut le cadeau empoisonné, Constantin lui fit cadeau du palais du Latran. Enfin un palais terrestre, les idées de possessions, d’argent et de puissance ne tarderont pas à surgir et déjà, ils font surface. L’Empereur Constantin mènera l’Église catholique romaine, lui qui sera un arianiste de première : Mitiade (310-314), Sylvestre (314-335), Marc (336) seront bien dociles.

152 Chronologie des papes par Jean Mathieu-Rosay, Collection Marabout Université, copyright 1988, Belgique, P 19. 153 Les « lapsis » sont des chrétiens qui sous la persécution flanchent. Face à la mort, les réactions sont imprévisibles. Comme vrai chrétien, une fois redevenus à la raison, ils voulaient réintégrer l’Église. Pierre lui- même fut un lapsis un certain jour..

Donc, déjà aux premières heures du départ des apôtres, l’Église romaine commence à prendre une voie moins tolérante; puis cède sous Marcelin (296-304) les Saints Écrits. Ainsi s’éloignera t-elle de la doctrine apostolique faute de la connaissance que procure la Bible. Puis de nombreuses divisions éclatent, ou s’apprêtent à le faire. Évidemment, si la majorité prendra une mauvaise voie, un petit groupe à l’intelligence de Dieu suivra la voie apostolique 154 et scripturale 155 comme nous le verrons dans la partie du chapitre consacré à l’Église ignorée.

Un empire romain agonisant (337-483)

L’union de l’Église à l’État marque une nette division en son sein, de persécutée qu’elle était, l’Église catholique romaine deviendra tyrannique et cruelle progressivement. Elle accusera d’hérésie toute Église n’entérinant pas les évolutions doctrinales qu’elle décidera; et laissera l’état châtier ses adversaires. Cette Église catholique devra pour assurer sa suprématie négocier la sainte doctrine au profit de sa subsistance. L’Église catholique beaucoup affaiblie par les persécutions en devenant partenaire de l’État, partagera sa souillure et sa dégradation. En s’attachant à des conducteurs humains plutôt qu’au Saint-Esprit, elle s’éloignera toujours davantage de la pure doctrine, jusqu’à ce qu’elle l’ait reniée complètement. Très vite, le clergé se prétendant au-dessus des laïcs et constituant cette médiation entre eux et Dieu aspirera à des positions lucratives et éminentes, au même titre que les fonctionnaires de la Cour. Évidemment, lorsqu’on parle de gloire et d’argent, cela attire les hommes qui, par leurs péchés, en sont prisonniers. Rapidement les positions se négocieront en fonction de l’érudition au grand détriment des hommes remplis de l’Esprit-Saint et cherchant la pure vérité scripturale. L’empire romain agonisant, nous en sommes aux derniers empereurs, le temps se chargeant d’amoindrir leur autorité vis-à-vis de l’Église de Rome. Ainsi, Constantin, Eulalius, Théodosius II, Valentinien III, Romulus et Augustule : décideront des destinées de cette Église, jusqu’à ce qu’ils soient affaiblis par les Goths, les Wisigoths et les Huns. Les papes de ce temps furent : Jules I (337-352), Libère (352-366), Damase ( T ? ) (366-384), Sirice (384- 399), Anastase (399-402), Innocent I (402-417), Zosime (417-418), Boniface (418-422), Célestin I (422-432), Sixte III (432-440), Léon (440-461), Hilaire (468-483), Simplice (468- 483).

154 Le petit Larousse illustré 1990. Apostolique : Qui vient, procède de la mission des apôtres. 155 Le petit Larousse illustré 1990. Scripturale : Relatif à l’Écriture (Nouveau Testament ou Bible).

Les Églises d’Orient non unies à l’état furent persécutées, mais sous Constantin on organisa un Synode en (410) à Seulicie où assistèrent les principaux chefs de l’Église d’Orient. L’évêque Maruta et Isaak en furent les initiateurs, on décida de former une fédération en Orient comme en Occident sous le nom de l’Église catholique. Cette Église d’Orient serait liée à l’État. L’Orient aurait comme capitale écclésiastique Constantinople; et l’Occident Rome. Toutes autres Églises n’en faisant pas partie seraient considérées comme hérétiques. L’ Église de Rome a tronqué les Écrits Saints (296-304) pour une survie terrestre, cela a emmené dans un premier temps un manque de connaissances bibliques contre les hérésies; puis dans un second temps un enflement d’orgueil de l’Église fédérée (Rome et Constantinople) contre les autres églises apostoliques qui pourraient lui redonner les Écrits Saints va la couper définitivement de sa vocation apostolique. Elle deviendra ennemie de la Sainte doctrine. Beaucoup d’autres ordonnances furent décrétées, telles que : les prêtres seraient désormais célibataires. Les évêques retenus loin du Synode par la distance seraient liés par l’accord conclu. Les réunions dans les maisons privées furent interdites. Les limites des paroisses furent fixées, avec une Église pour chacune. Lecture en fut faite au Concile de Nicée et approuvés par les signataires. La principale hérésie rencontrée en ce temps fut le pélagianisme 156. D’autres doctrines conformes à l’Ecriture furent considérées par l’Église catholique romaine comme des hérésies, mais ce n’était en réalité que des séparations dans l’Églises primitive comme : le donatisme, nestorianisme. Dès ce moment, toutes les autres Églises non reliées à la fédération d’Orient et d’Occident, c’est-à-dire à l’État, furent considérées hérétiques. Tout ce qui fut hérétique fut persécuté comme nous le verrons plus loin. Certe, il y eut l’Inquisition, mais dès 387, débutait la période pré-Inquisitionale. L’Empereur Constantin mène l’Église catholique romaine, la doctrine d’Arius jugé hérétique au Concile de Nicée en 325. Celui-ci reviendra sur la décision et approuvera l’arianisme. Celle- ci deviendra la doctrine officielle de l’Église de 352 à 378. Désormais les empereurs éliront les papes ou les affirmeront sur le trône. La politique de l’État sera rigoureuse. Avec Jules I (337-352), le mot pape apparaît pour la première fois. On y parle du ministère de Pierre transférable, aucunement soutenue par les Écritures. Damase (366-384), dans une bataille de clans opposant Damase à son rival Ursinus, il y a 137 morts. Damase est accusé de meurtre, mais acquitté en 378. Sirice (384-399) ordonne le célibat des clercs. Innocent I (402-417) est

156 L’Église ignorée par E.H. Broadbent, La collection d’or, Editions Impact, 230, rue Lupien, Cap-de-la- Madeleine, P 29. Pélagianisme : Doctrine rejetant la Grâce selon lequelle l’individu par le baptême à la naissance n’avait plus de tache originelle et pouvait parvenir au Salut par son propre vouloir.

le fils de Anastase (399-402). Augustin introduit dans l’Église que si les hommes guidés par l’amour sont meilleurs, ceux que la crainte corrige sont plus nombreux et après remercient. Cela deviendra un document de soutien à l’Inquisition. Léon en 452 marcha à la rencontre de Attila, chef des barbares Huns à Mantoue. Impressionné par l’autorité du pape, celui-ci consentit à se retirer et conclut une paix avec l’empereur. Rome fut épargnée. Beaucoup de changements commencent à prendre forme dans les Églises fédérées. Constantinople et Rome s’éloignent de plus en plus des voies apostoliques et scripturales. Des discordes sont visibles.

Byzance (483-715)

Durant cette ère les papes trônant furent : Félix II (483-492), Gelase I (492- 496), Anastase II (496-498), Symnaque & Laurent (498-514), Hormisdas (514-523), Jean I( A ) (523-526), Felix IV (526-530), Dioscore & Boniface (530,532), Jean II (533-535), Agapet (535-536), Silvère( A ) (536-537), Vigile( T ) (537-555), Pelage I (556-561), Jean III (561-574), Benoît I (575-579), Pelage II (579-590), Grégoire (590-604), Sabinien (604-606), Boniface III (607), Boniface IV (608-615), Dieudonné ou Adéodat I (615-618), Boniface V (619-625), Honorius I (625-638), Severin (640), Jean IV (640-642), Théodore I (642-649), Martin I( A ) (649-655), Eugène I (654-657), Vitalien (657-672), Adéodat II (672-676), Donus (676-678), Agathon (678-681), Leon II (682-683), Benoît II (684-685), Jean V (685-686), Conon (686-687), Serge (687-701), Jean VI (701-705), Jean VII (705-707), Sisinnius (708), Constantin I (708-715).

En Gaule, Clovis vient de venir à bout du dernier réduit de l’Empire romain. Théodoric conquiert l’Italie. Felix II (483-492), il y a rupture entre Constantinople et Rome au sujet du « monophysisme ». Le schisme durera trente cinq (35) ans. Gélase I (492-496) déclare que le pouvoir des évêques l’emporte sur celui des rois, car ceux-ci (les évêques) auront à rendre compte devant le tribunal de Dieu de tous les hommes, fussent-ils rois. Selon les Écrits, cela constitue une fausseté, car le Salut est personnel à chaque homme. Nul n’est responsable pour un autre homme devant Dieu. Sumarque et son Synode proclament « Nul homme n’a le droit de juger le successeur de Pierre, qui ne relève que du tribunal de Dieu. L’autorité du pape n’a jamais existée dans la Parole, comment pourrait-il y avoir un successeur de Pierre, alors que tout homme est pécheur et que la Grâce vient par Christ? Par ces proclamations, le pape couronnerait les rois de la terre. Les titres venant du pape seraient courus, lorsqu’un roi deviendrait catholique, le peuple épouserait la nouvelle religion. Le pape étant supérieur aux rois, il est facile de demander des faveurs politiques et monétaires et d’établir des règles de conduite face aux hérétiques dénoncés. Le pape Vigile assassine Silvère, ils furent pris dans la guerre de faveur entre le roi des Goths et l’Impératrice Théodora, celle-ci voue un culte aux icônes. Sabinien (604-606) vendit aux affamés le blé de l’Église à des prix usuraires. Martin I (649-655) élu par le Latran, n’est pas dans les grâces de Constance II : il sera exilé et mourra. Benoît II (684-685), c’est la suprématie de Rome sur Ravenne. Le temps accordé à Byzance s'achève. Le paganisme 157 fut déclaré hérétique. De graves discussions entre Rome et Constantinople ont lieu face au monophysisme, le monothéisme et l’iconoclasme.

Effondrement de Byzance et affirmation de l’occident sur la papauté (715-882)

L’Église unie à l’État fait son chemin, tout ce qui est considéré en dehors de la zone catholique sera catégorisé comme hérétique. Les biens des hérétiques seront confisqués et séparés entre le clergé et le séculier. Byzance ou les derniers vestiges de l’empire grec arrive à leurs fins, tandis que de nouvelles nations font surface : les Germains et les Francs. L’Église catholique romaine voyant s’affaiblir Byzance s’est tournée vers les futures puissances, et déjà avec sa gloire acquise au cours des siècles, distribue des titres ronflants et flatteurs. Les principaux de jeu seront les rois comme : Pepin Le Bref, Charlemagne, Louis Le Pieux, Louis II, Boris (prince Bulgare), Charles II, Lambert de Spolète, Louis Le Bègue, Charles Le Chauve, Charles Le Gros, Adalbert de Tuscie. Par ces titres ronflants, l’Église romaine s’attire les faveurs des rois, et les rois accroissent eux leur puissance. Nous sommes à l’époque où les peuples sont soumis au roi. En conséquence, si le roi change ses convictions religieuses, le peuple doit épouser la nouvelle religion. Hélas! le plus souvent sous peine de graves persécutions.

Les titres écclésiastiques deviennent de plus en plus importants dans l’Église, car le salaire ou la rémunération en dépend. C’est pourquoi la simonie 158 s’accentue. Cependant, elle n’est pas

157 Paganisme : religion philosophique de l’empire grec. 158 Le petit Larousse illustré 1990. Simonie : Trafic d’objets sacrés, de biens spirituels ou de charges écclésiastiques.

à son point ultime. Les titres comme cardinaux, évêques et prêtres se vendent un bon prix. Les nobles en sont très friands. Cela aura comme conséquence, la piètre qualité des papes durant les années sombres et le Moyen Âge. Naturellement, on n’achète pas des titres pour le prestige, mais pour faire de l’argent. Dans ce cas, vaut mieux être près du pape et de Rome. L’Église unie à l’État perçoit des sous, saisit les biens d’autrui. Avoir une bonne position dans l’Église pouvait être considérée comme un homme d’affaires collé à un syndic ou un percepteur d’impôt en beaucoup mieux, car les biens d’autrui (hérétique) étaient gratuits et le percepteur d’impôt était celui qui pigeait dans la caisse.

Durant cette période considérée comme honnête de la papauté, les papes furent : Grégoire II (715-731), Grégoire III (731-741), Zacharie (741-752), Etienne II (752-757), Paul I (757-767), Constantin II (767-768), Étienne III (768-772), Adrien I (772-795), Leon III (795-816), Etienne IV (816-817), Eugène II (824-827), Valentin (827), George IV (827-844), Serge II (844-847), Leon IV (847-855), Jean VIII (855-857), Benoît III (855-858), Nicolas I (858-867), Adrien II (867-872), Jean VIII( A ) (872-882).

Byzance étant dans son déclin, dès Grégoire II (715-731), on hâte la conversion des Germains et active les relations avec les Francs. Byzance voudrait assassiner celui-ci et lui opposer un antipape, mais sa puissance ne le lui permet pas. Ceux-ci sont iconoclastes, c’est-à-dire contre l’adoration des icônes, tandis que Rome considère cette pratique très rentable. Son successeur Grégoire III maintiendra le même cap. Zacharie (741-752) participe au coup d’état de Pepin Le Bref à l’assemblée des Francs et proclame la supériorité du Pape sur les rois. Etienne II (752-757) honore Pépin Le Bref du titre de « Défenseur de saint Pierre » et celui de « Patricius Romanorum ». Celui-ci fera la donation des États pontificaux. Paul I (757-767) proclame les papes « le médiateur entre Dieu et les hommes et le surveillant responsables des âmes ». C’est un blasphème car seul Jésus est médiateur entre Dieu et les hommes. L’ère papale est lancée, tout nouveau couronnement relèvera du pape. Ils auront même l'audace de refuser de couronner des rois. Etienne III (768-772), seul le clergé pourra élire le pape, les laïcs sont mis de côté. Léon IV (847-855), la menace sarrasine tombe avec l’anéantissement de sa flotte. Nicolas I (858-867) condamne toute guerre qui n’est pas purement défensive et il a été un modérateur vis-à vis les hérétiques. Également ouvert au droit de l’homme, il insistait sur la nécessité de faire une distinction entre un vrai roi et un tyran et condamnait comme un crime la torture des voleurs et des brigands. Ce fut le seul pape qui s’intéressa à ces choses, aucun autre pape n’alignera ou soutiendra cette ligne de conduite. Adrien II (867-872), âgé de 75 ans, avait femme et enfants. On se souvient que Serge (687-701) n’entérina pas les décrets du Synode de Trulle entre autre l’obligation du célibat des évêques. Jean VIII (872-882) ne trouva pas de soutien chez Charles Le Chauve et Charles Le Gros, il tomba dans un piège d’une conjuration. On l’empoisonna, mais le poison n’agissait pas assez vite, alors on acheva le malheureux pape à coup de marteau. Tout au long des siècles qui séparent l’Église catholique romaine des temps apostoliques avec notre Seigneur Jésus-Christ, il s’est accumulé dans cette institution de nombreuses hérésies par lesquelles cette Église va chercher le pouvoir politique et les faveurs des rois chrétiens de la terre.

Les siècles sombres (882-1046)

La puissance dont la papauté s’est dotée au cours des siècles contre l’Église Universelle 159 pour séduire les rois de la terre va se ternir avec la simonie. Même les rois de la terre seront scandalisés par l’attitude des candidats nommés par eux. En Italie, les papes seront le jouet de grandes familles, les Théophylactes (880-962), les Crescients (962-1012), les Tusculans (1012-1046). Depuis 962, les empereurs germaniques comme Otton Le Grand, Otton II, Otton III, exerceront une influence sur le choix papal. Mais leur éloignement ne permettra de faire cesser les entraves exercées par les familles d’Italie. Les Sarrasins seront refoulés et des contacts noués avec Byzance auront lieu.

Les papes qui vécurent à cette époque sont : Marin I (882-884), Adrien III (884-885), Etienne V (885-891), Formose (891-896), Boniface VI (896), Etienne VI( A ) (896-897), Romain (897), Theodore II (897), Jean IX (898-900), Benoît IV (900-903), Leon V( A ) (903), Christophore( A ) (903-904), Serge III( T ) (904-911), Anastase (911-913), Landon (913-914), Jean X( A ) (914-928), Leon VI( A ) (928), Etienne VII( A ) (928-931), Jean XI( A ) (931-935), Leon VII (936-939), Etienne VIII (939-942), Marin II (942-946), Agapet II (946-955), Jean XII( T ) (955-963), Leon VIII (963-965), Benoît V( A ) (964), Jean XIII (965-972), Benoît VI( A ), Boniface VII( T ) (984-985), Benoît VII (974-983), Jean XIV( A ) (983-984), Boniface VII(T) (984-985), Jean XV( T ) (985-996), Grégoire V (996-999), Sylvestre II (999-1003), Jean

159 Église Universelle : L’Église composée des vrais croyants en Jésus-Christ.

XVII (1003), Jean XVIII (1004-1009), Serge IV (1009-1012), Benoît VIII (1012-1024), Jean XIX (1024-1032), Benoît IX (1032-1045), Sylvestre III (1045), Grégoire VI (1045-1046). C’est une époque remplie de népotisme, de simonie et d’iniquités. Aujourd’hui, on attribue à une partie de ce sombre siècle le terme de « Pornocratie ».

Formose appela à l’aide le roi de la Francie Orientale, Arnoulf de Carinthie pour délivrer Rome de la famille Spoletains. Celui-ci vint et Formose en 894 lui octroiera la couronne impériale. Nommé pape, Etienne IV (896-897) sous la coupe des Spolétains pour venger l’affront du couronnement de Arnoulf fit exhumer de sa tombe Formose. Son cadavre en décomposition et putrifié fut revêtu des ornements pontificaux et installé sur son trône et on procèda au plus effroyable des procès dans ce qu’on appelle de nos jours le « Synode du cadavre ». Formose fut inculpé de s’être laissé élire évêque de Rome alors qu’il siégeait déjà à la tête d’un autre diocèse. Son élection fut alors déclarée invalide, de même que furent invalidées toutes les ordinations auxquelles il avait procédées. On trancha alors des mains du cadavre les doigts avec lesquels il avait béni les foules, puis on alla enfouir les restes de Formose dans la fosse commune des étrangers. Cela ne suffit pas à Etienne VI, ce psychopathe : il fit à nouveau exhumer Formose pour en faire disperser les restes dans l’eau du Tibre. La foule s’empara d’Etienne VI, le jeta en prison et finit par l’étrangler. Les Théophylactes mènent Rome, Serge III est leur homme. C’est ainsi qu’ils firent mettre en prison ses deux prédécesseurs Léon V (903) et Christophore (903-904) : puis à la suite d’un procès arrangé, on fit sous ses instructions étrangler les deux papes.

Assassin de ses prédécesseurs, il inaugura cette période appelée « Pornocratie ». Ce sont les femmes alors qui gouvernent Rome et les papes ne sont que les jouets de leurs ambitions politiques comme de leurs plaisirs personnels. Un certain Théophylacte était parvenu à s’imposer à la noblesse romaine. Simple juge en 901, il s’était discerné les titres de consul, duc et sénateur du peuple romain. Mais en réalité, c’était sa femme Théodora qui menait avec ses deux filles Théodora et Marozia, libertines et ambitieuses. Serge III se plia docilement à toutes les volontés de Théodora et surtout à celles de sa fille cadette, Marozia. Celle-ci venait d’épouser, en 905, Albéric de Spolète. Cela ne l’empêcha pas de devenir, à quinze ans, la maîtresse du pape Serge III et de lui donner un fils, le futur pape Jean XI, qu’elle n’hésitera pas, un jour, à faire emprisonner. On ignore si les protégés de Marozia, Jean X (914-928), Leon VI (928) et Etienne VII eurent des relations intimes avec elle. Cependant, elle se fatigua d’eux et les fit assassiner. Le fils de Marozia et de Serge III, devint pape en (931-935). Elle se lassa également de lui et le fit mettre en prison. Finalement un autre fils de Marozia, Albéric de Tuscie en eut assez du despotisme de sa mère. Il gagna à sa cause la noblesse de Rome et la fit jeter en prison. Jean XI fut assassiné. Ce qui arriva à Marozia, on l’ignore.

Agapet (946-955) promit au duc Albert de Spolète que son propre fils deviendrait le nouveau pape. Octavien devint pape à 17 ans sous le nom de Jean XII (955-963). Passionné de chasse et de jeux de dés, Jean XII était complètement corrompu. Sa résidence pontificale du Latran, envahie aussitôt par les femmes, les eunuques et les esclaves, devint le palais de la débauche, seul domaine où le pape ait eu une indéniable compétence. Dans son dialecte grossier, il jurait par Vénus ou par Jupiter et buvait aux amours du diable. Il lui prit un jour la fantaisie d’ordonner un diacre dans une écurie et il sacra évêque un garçon de dix ans. Mais d’autres papes avaient avant sacré des enfants en plus bas âge 3 ans et 5 ans. C’est ça la simonie. Finalement, il succomba aux blessures d’un mari trompé. Jean XIII (965-972) était le fils de Théodora la jeune. Boniface VII étrangla Benoît VI (973-974), puis fit emprisonner Jean XIV (983-984) dans un cachot où il mourra de faim. Jean XV (985-996) était le fils de Crescentius, le complice de Boniface VII dans l’assassinat de Benoît VI. Crescentius avait trouvé grâce auprès de Benoît VII et Otton II prit le froc et devint moine. Il fit édifier le couvent Saint- Alexis sur l’Aventin. Son fils Jean XV avait favorisé le retour de Boniface VII et était complice du meurtre de Jean XIV. Il usurpa le trône et devint pape.

Benoît VIII alla se placer sous la protection de Henri II. Grand capitaine, conscient du danger représenté par les Sarrasins, il amena Gênes et Pise à lancer contre eux une flotte qui réussit à les anéantir. Les troupes de Byzance arrêtèrent les Normands en 1018, et reprirent du même coup leur influence en Italie. Benoît VIII demanda de l’assistance militaire en Allemagne. En 1022, il obtint de l’aide contre les Byzantins d’Italie; les efforts se solderont par un échec. L’empereur profite dans cet échec militaire et politique pour souligner au pape qu’il est avant tout un pape religieux et qu’il devrait se consacrer plus activement à la réforme de l’Église. C’est ainsi qu’au Synode de Pavie, en 1022, Benoît VIII s’éleva contre la simonie et le mariage des prêtres. Non pas que le mariage des prêtres posait un problème, c’est que dans le système de la simonie, les prêtres payaient pour leurs charges chèrement acquises avec les biens de l’Église. Or les prêtres voulaient des héritiers pour continuer la succession. En empêchant les prêtres de se marier, l’Église recouvrait ses biens. Et pour la première fois, on envisagea des mesures disciplinaires contre les prêtres mariés qui se virent menacés d’être déposés. Ces interdits eurent toutefois très peu d’écho. Les habitudes étaient encore trop ancrées.

Albéric II, compte de Tusculum décida, de se faire élire pape Jean XIX (1024-1032). Laïc, le 4 mai 1024, on lui fit gravir en un seul jour tous les degrés de la cléricature; de celui de portier à celui de souverain pontife. Il y sacrifia une fortune. Mais, l’investissement est rentable : une fois pape, on accorde les charges écclésiastiques au plus offrant; puis on peut piger dans le trésor de Saint Pierre. Il voulu vendre le titre de pape à Constantinople, le clergé eut toutes les peines du monde à l’en dissuader. Benoît IX (1032-1045, libertin, vendit la papauté à son parrain Théophylacte pour 1500 livres d’or. Grégoire VI (1045-1046), de famille juive, aurait acheté la tiare parce qu’elle était dans des mains indignes. Quoiqu’il en soit, l’empereur Henri III qui eut vent de l’histoire le convoqua et apprit la triste vérité de sa bouche. Il convoqua un Synode à Sutrie, les trois papes furent déposés : celui qui vendit la Tiare Benoît IX, celui que les Crescentiens avait élu en l’absence de Benoît IX, Sylvestre III et finalement Grégoire VI. Celui-ci fut envoyé en exil où il mourut en 1047.

La papauté dissociée de la noblesse (1046-1198)

Les dernières intrigues de la papauté lors du sombre siècle ont fait rougir de honte la monarchie. Désormais un pape ne sera élu que pour peu de temps par la royauté; par la suite, la curie s’arrogera ce droit unique. Cette pratique est encore en vigeur de nos jours. Cette façon de procèder restaurera le prestige du pape : ainsi il sera beaucoup plus présent sur la scène politique au côté de la royauté. La survie de la tiare bornée à la politique de village cesse pour prendre une avenue Universelle. En conséquence, les peuples participants à ce temps papal sont les Germains, les Francs, les Prussiens, les Normands, les Worms. Les figures royales dominantes dans cet intervalle de temps seront Henri IV, Henri V, Henri VI Louis VI, Louis VII, Louis IX, Lothaire III et Frederic I. Naturellement, la simonie et le népotisme, plaies du Moyen-Âge continuent d’abonder.

Les papes trônant en ce temps sont : Clément II (1046-1047), Damase II (1048), Leon IX (1049-1054), Victor II (1055-1057), Etienne IX (1057-1058), Benoît X (1058-1059), Nicolas II (1058-1061), Alexandre II (1061-1073), Grégoire VII (1073-1085), Victor III (1086-1087),

Urbain II (1088-1099), Pascal II (1099-1118), Gelase II (1118-1119), Calixte (1119-1124), Honorius II (1124-1130), Innocent II (1130-1143), Anaclet II (1130-1138),Célestin II (1143- 1144), Lucius II(A) (1144-1145), Eugène III (1145-1153), Anastase IV (1153-1154), Adrien IV (1154-1159), Alexandre III (1159-1181), Lucius III(T) (1181-1185), Urbain III (1185- 1187), Grégoire VIII (1187), Clément III (1187-1191), Célestin III (1191-1198).

Nicolas II (1058-1061) formula un nouveau décret au Synode du Latran : l’élection des papes était désormais réservée aux cardinaux. Grégoire VII (1073-1085), proclame par le « Dictatus papae » que « le pape, évêque universel, a le droit d’intervenir dans toutes les affaires de la chrétienté; autorisé à juger tout le monde, il ne peut l’être par personne; il lui revient non seulement de nommer, de déplacer, de déposer les évêques, mais aussi de déposer les empereurs et de délier leurs sujets de tout serment de fidélité. Enfin, il est le chef suprême d’une Église qui ne s’est jamais trompée et ne se trompera jamais ». Il accentue la centralisation du gouvernement de la chrétienté : désormais papauté et Église se confondent de même que romanisation et unification. Au Synode de carême de 1074, il impose le célibat des prêtres et déclare invalide tous les actes accomplis par les prêtres mariés. Voilà, l’Église récupérera ses actifs et un prêtre célibataire faisant vœu de pauvreté coûtera moins cher à Rome. Il n’aura point femme et enfants à nourrir. L’Allemagne apprenant cela se révolte et Henri IV démet le pape. Grégoire VII excommunie Henri IV et délie tous ses sujets de leur serment de fidélité au souverain. Le choc est terrible et toute l’Allemagne frémit; les princes allemands réunis à Tribur somment le roi de se soumettre au pape. C’est ainsi que le roi dû être pénitent. Tous les souverains de la terre prirent conscience du danger du pouvoir universel du pape. Évidemment, le lecteur aura lu les versets démontrant que cette prétention d’infaillibilité est complètement fausse.

Pascal II (1099-1118) propose subtilement la séparation de l’Église et de l’État, mais les cardinaux, les évêques et les princes s’y opposent formellement. Il fut le seul à tenter de faire changer l’Église de cap. Le prochain qui désirera retourner à la source vivra trente-trois jours comme pape. Lucius II fut tué par le peuple de Rome, politique rurale imprévisible. Alexandre III (1159-1181), au troisième concile du Latran, fixe qu’il faut les deux tiers des voix des cardinaux pour être pape. Cette règle est encore en vigeur de nos jours. Lucius III (1181-1185) conclut en octobre 1184 un accord avec Frédéric Barberousse contre les frères vaudois et les Églises cathares considérées par l’Église catholique comme hérétiques. Célestin III (1191-

1198) travailla pour gagner les rois chrétiens à une croisade pour la Reconquista dans la péninsule ibérique.

Évidemment, Grégoire VII en plaçant au-dessus de tout le pouvoir du pape laissera le champ libre à d’autres hérésies de l’Église catholique romaine. Du même coup, il rend possible de renverser tout accord ou serment allant à l’encontre des intérêts de cette Église romaine chez les monarques catholiques de la terre. L’un des intérêts promordial de cette Église est de prendre de la force et de la puissance. Pour cela, elle doit grossir en nombre, convertir les peuples. De nombreux croyants attachés à des valeurs apostoliques et scripturaires de d’autres Églises devront souffrir. L’Inquisition sera ouverte officiellement et le mot d’ordre sera « croit en la sainte Église catholique romaine ou meurt ». Rien ne sera épargné, les vrais croyants, les juifs, les hérétiques, les autres religions du monde et même le satanisme ou lucéfirisme. Cependant, de nos jours, force nous oblige à constater que ceux qui furent réellement persécutés furent de sincères chrétiens accusés faussement d’être hérétiques parce qu’ils reniaient les prétentions de l’Église catholique d’être la seule Église apostolique ou Universelle et des juifs en grand nombres que l’on mit dans des guettos et des pogroms. Cette Église romaine s’est financée à même les biens qu’elle leur a volés à ces chrétiens jugés hérétiques et ces juifs. Les croisades contre les turcs furent souvent au prix du sang des hérétiques qui constituaient les armées.

La papauté impose à la royauté chrétienne l’Inquisition et les croisades (1198-1534)

Les différentes hérésies issues de la papauté au cours des siècles jointes à celles des prétentions grégoriennes conduisirent à un abus de pouvoir terrestre. La puissance, la force et la richesse de cette Église amèneront les rois de la terre au Moyen Âge à composer avec elle. Car celle-ci a tant d’autorité qu’il est impossible à un roi de faire cavalier seul, les royaumes étant trop petits et trop peu solides pour créer de l’opposition. Si un monarque tentait de se dissocier des obligations imposées par l’Église catholique, son royaume et sa couronne étaient en jeu. Sûrement, le pape trouverait un peuple ou un ensemble de rois catholiques prêts à lui faire la guerre pour s’approprier son royaume. Celui-ci n’était même pas sûr de ses alliés, c’est-à-dire nobles, ducs et autres, car le serment pouvait être rompu en tout temps. Même l’Angleterre devra accepter l’Inquisition sur son territoire, et ce malgré son avantage territorial.

Toutefois, la royauté n’étant point sotte, elle arrivera par étape à briser la puissance temporelle du pape. Dans cette mesure on pourrait séparer en trois étapes ce renversement de vapeur :

1 e étape : L’autorité absolue à la papauté (1198-1304) l 2 e étape : Les royaumes se solidifient pour contrer la force spirituelle du pape (1304-1431) 3 e étape : La papauté méfiante vis-à-vis des conciles (1431-1534)

Les rois catholiques trouveront une faille dans l’autorité papale et s’en serviront pour essayer de substituer cette autorité à celle du concile. Ce qui revenait à dire que les décisions du concile étaient au-dessus de celles du pape. Il était plus facile d’influencer un concile que le pape. Bien que cela ne fut jamais entériné, les papes comprirent qu’ils devaient prendre du recul dans les décisions politiques des royaumes; et les rois eux en conclurent que dorénavant, qu’ils avaient une clé en main pour détruire le pouvoir papal.

Rome est toujours sous le népotisme, la simonie, le trafic des indulgences, le trafic des charges écclésiastiques et l’idolâtrie des icônes. L’Inquisition lancée, toute la papauté de 1198 à 1820 sera considérée comme participant à cet acte d’une immoralité déconcertante pour une Église. Le Moyen Âge perdit nombre de ses plus brillants cerveaux, sans compter le frein que la science dûe subir. Aussi comme chef de l’Église, le pape aurait pu arrêter cet acte ignoble, mais aucun ne le fit. Seul Nicolas V entra en Allemagne sans rien détruire et Clément VI aida les Juifs rescapés des pogroms. Les papes couvrant cette période morcelée en trois étapes furent : Innocent III(I) (1198-1216), Honorius III(I) (1216-1227), Grégoire IX(I) (1227-1241), Célestin IV(I) (1241), Innocent IV(I)(T) (1243-1254), Alexandre IV(I) (1254-1261), Urbain IV(I) (1261-1264), Clément IV(I) (T) (1265-1268), Grégoire X(I) (1271-1276), Innocent V(I) (1276), Adrien V(I) (1276), Jean XXI(I) (1276-1277), Nicolas III(I) (1277-1280), Martin IV(I) (1281-1285), Honorius IV(I) (1285-1287), Nicolas IV(I) (1288-1292), Célestin V(I)(A) (1294), Boniface VIII(I)(T) (1294-1303), Benoît XI(I) (1303-1304), Clément V(I) (1305- 1314), Jean XXII(I) (1316-1344), Benoît VII(I) (1334-1342), Clément VI (1342-1352), Innocent VI(I) (1352-1362), Urbain V(I) (1352-1362), Grégoire XI(I) (1370-1378), Urbain VI(I)(T)(A) (1378-1389), Clément VII(I)T), Boniface IX(I) (1389-1404), Benoît XIII(I) (1394- 1417), Innocent VII(I) (1406-1415), Grégoire XII(I) (1406-1415), Alexandre V(I) (1409- 1410), Jean XXIII(I)(T) (1410-1415), Martin V(I) (1417-1431), Eugène IV(I) (1431-1447),

Nicolas V (1447-1455), Calixte III(I) (1455-1458), Pie II(I) (1458-1464), Paul II(I) (1464- 1471), Sixte IV(I)(T) (1471-1484), Innocent VIII(I) (1484-1492), Alexandre VI(I)(T) (1492- 1503), Pie III(I)(A)? (1503), Jules II(I) (1503-1513), Leon X(I) (1513-1521), Adrien VI(I) (1522-1523), Clément VII(I) (1523-1534).

Innocent III se considère, selon les prétentions grégoriennes, le représentant de Dieu sur la terre : le pape à pouvoir sur tout homme, fussent-ils, rois ou empereurs; il couronne ou renverse du trône qui il veut et quand il veut. Politiquement, il ne fut pas le seul pape à agir ainsi au Moyen Âge, mais pour donner un aperçu de leur puissance au lecteur, je relaterai sous Innocent III quelques histoires. Le roi de France, Philippe Auguste répudie son épouse Ingeborg du Danemark et il épouse Agnès de Méran. Innocent III lance un interdit 160 sur la France et contraint le roi à se séparer de celle-ci. À la mort de Henri VI, deux candidats sont en liste, soit Philippe de Souabe son frère soutenu par la majorité des princes allemands et Guelfe Otton IV. Innocent III accorda son appui à Otton en échange de concessions particulièrement avantageuses pour la papauté. Otton, une fois sacré, projeta d’incorporer la Sicile. Innocent excommunie Otton et lui substitue son protégé Frédéric II de Sicile comme roi d’Allemagne à Nuremberg en septembre 1211. Une fois roi, Frédéric fait publier la Bulle d’Or, document par lequel les princes allemands reconnaissent officiellement les États Pontificaux avec les nouvelles frontières dictées par le pape. Le roi Jean sans Terre s’opposa à une décision du pape à propos du siège épiscopal de Cantorbery. Innocent III excommunia le roi, lança l’interdit sur tout le pays et menaça même de délier les Anglais du serment de fidélité à leur souverain. Jean sans Terre, abandonné par ses sujets et menacé d’invasion par le roi de France, en fut réduit, pour sauver sa couronne, à se déclarer vassal du pape et à placer son royaume sous la suzeraineté et la protection de la papauté. Voyant cela l’Aragon, le Portugal, le Danemark, la Pologne, la Bohême, la Hongrie et la Dalmatie reconnurent à leur tour la suzeraineté de Innocent III. Dans la chrétienté occidentale, il y eut de nombreux mouvements d’opposition à l’Église de Rome. Si cela n’avait pas été le cas, jamais l’Inquisition n’aurait vu le jour. On reprochait à l’Église catholique d’être une Babylone, politisée et enrichie, loin de la chrétienté, de son ministère apostolique et scripturaire. D’avoir renié l’Église Universelle de Christ, de s’en être approprié le nom de Christ; afin de s’enrichir

160 Le petit Larousse illustré 1990. Interdit : 1.Condamnation absolue qui met quelqu’un à l’écart d’un groupe. 2.Impératif institué par un groupe, une société et qui prohibe un acte, un comportement. 3.Censure qui prive les fidèles de certains biens spirituels sans les exclure de la communauté écclésiale.

sur Celui-ci. D’avoir enlevé à Christ le salut par la Grâce et l’Évangile aux hommes, et de l’avoir remplacé par le commerce des indulgences, des icônes, le pouvoir saccerdotal et les sacrements de l’Église catholique. De s’être accaparée la Tiare et la papauté par un titre et un sacerdoce inexistant bibliquement; et de maintenir les rois et les peuples dans l’ignorance du Salut par la Grâce. C’est ainsi que Innocent III lança une croisade contre les Albigeois qui conduisit à un massacre épouvantable de ces populations, à eux était pour s’ajouter bien d’autres communautés comme nous le verrons dans ce chapitre sur l’Église ignorée. Il décréta au IVe concile œcuménique du Latran, le 11 novembre 1215 de prendre des mesures contre les Albigeois, la création de l’Inquisition dans les diocèses, Frédéric II comme roi d’Allemagne et de Sicile, l’obligation imposée à tous de la confession auriculaire dont l’usage apparut vers le VIIe siècle mais qui n’avait jamais été imposée, et la décision de mettre sur pied une cinquième croisade pour 1217.

La confession auriculaire, c’est de dire nos péchés à un prêtre. Celle-ci ne fut jamais utilisée par les apôtres, le Nouveau Testament nous l’affirme. Au contraire, la Bible dit en parlant de Jésus et son ministère auprès du Père « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité (1 Jean 1 : 9)».

Honorius III, Grégoire VIII et Innocent IV furent dans la même ligne de conduite que Innocent III face aux frères et aux autres hérétiques. Dans le cas de Grégoire VIII, il demanda qu’on augmente leurs tortures. Boniface VIII (1294-1303) déclare : « Nous disons, déclarons, définissons et proclamons qu’il est absolument nécessaire à toute créature humaine, pour sauver son âme, de se soumettre au pontife romain! ». Si cela était vrai, cela voudrait dire qu’il y a une seule Église. Alors, pourquoi Paul mentionne en 1 Corinthiens 7 : 17, 14 : 33, 16 : 1, 16 : 19 et plusieurs autres versets dans le Nouveau Testament qu’il y a plusieurs Églises toutes autonomes les unes des autres. Clément V (1305-1314) fit condamné comme hérétiques « l’ordre des Templiers », ces moines-chevaliers qui s’étaient illustrés dans les croisades en Orient dans la défense des Lieux Saints. Le 18 mars 1314, il fit exécuter le Grand Maître des Templiers Jacques de Molay et nombre de religieux catholiques dont le pape ordonna la torture : ils périrent sur le bûcher. Leur seul crime était de possèder un trésor dont Philippe le Bel avait besoin, comploté avec le pape. Hélas! Ce ne sera pas l’unique ordre catholique dont l’Église consumera, les jésuites auront leur tour. Jean XXII (1316-1334) brilla par l’infâme procès mené par l’Inquisition contre le Maître Eckart, le génie le plus prestigieux de son siècle. Clément VI (1342-1352) accorda un appui total aux Juifs victimes des pogroms sanglants qui éclatèrent en 1348 en France et en Allemagne et ouvrit aux rescapés le refuge de ses États. Innocent VI et Grégoire XI augmentèrent la souffrance de l’Inquisition. Urbain VI (1378-1389) couronné, il fut atteint d’égarement mental, problèmes graves de personnalités et d’ivrognerie. La curie le fit surveiller. Il eut vent du complot. Six cardinaux furent mis aux fers et atrocement torturés. Il fit poignarder l’Évêque d’Aquillée et tous les autres cardinaux dans le complot à l’exception de deux qui lui échappèrent. Clément VII (1378-1394), comme légat de Grégoire XI en Italie, il avait fait massacrer 4000 habitants pour réprimer l’insurrection de Cesena. Le concile de Constance tenu en 1414 et préparé par le roi Sigismond forma le projet de réformer l’Église en profondeur et d’établir le concile au-dessus du pape. Cependant, rien ne ressortira comme règlement écclésiastique. Par contre le concile de Bâle ligote le pape Eugène IV, atténue la gravité d’excommunication et condamne l’habitude de lancer l’interdit à la légère. Cependant, le vœu du concile d’être au-dessus du pape ne verra jamais le jour. Quoiqu’il en soit, le message que les rois voulurent faire passer au pape fut reçu et enregistré.

Nicolas V (1447-1455) fut un pape avant-gardiste, simple et pas adonné au népotisme. En conflit avec le dernier antipape Félix, il dut composer avec une situation politique difficile. Il fut doux dans sa politique expansionniste de l’Église en Allemagne. Avec Calixte III (1455- 1458), entrera le nom sinistrement célèbre à la papauté des Borgia. Le népotisme à Rome allait grandir de plus en plus. Il n’y eut bientôt plus un poste où l’on ne trouvait un de ses parents, plus une forteresse que ne sera commandée par un des siens. Ce pontife à Rome distribue les charges sacrées au plus offrants et concède chaque jour de nouvelles indulgences pour récolter plus d’argent. Sixte IV (1471-1484) acheta la tiare, outre tout ce qu’on peut reprocher comme bassesse au Moyen Âge, il ne dédaigna pas tirer profit des maisons de tolérance qui appartenaient au Saint-Siège. En 1483, il confirma comme Grand Inquisitateur Thomas de Torquemada, lui-même aurait dit-on, condamné 97 000 personnes et fait brûler vives 16 200 d’entre elles. Innocent VIII (1484-1492) avait eu avant sa prêtrise deux enfants naturels : Théodorina et Franceschetto. Il donna une charge à son fils et le maria à la fille de Laurent le Magnifique. Il fit épouser sa petite-fille Battistina, enfant de Théodorina par le roi de Naples, Louis d’Aragon. Il nomma le fils de Laurent le Magnifique, son fils Giovanni cardinal à 13 ans, Sixte IV l’avait nommé protonotaire à 7 ans. Il deviendra Leon X. D’autres pontifes ont fait bien pire. Après avoir annoncé une croisade contre les Turcs, il rendit au sultan un curieux service contre une rente annuelle de 40 000 ducats. Le pape s’engageait à retenir prisonnier à Rome le frère du sultan, Djem, qui s’était un peu trop intéressé aux dames du harem de Bajazet. Il est l’auteur de « Summis desiderantes affectibus », suivi trois ans plus tard de deux dominicains allemands « Malleus Maleficarum », code de répression où étaient minitieusement prévues toutes les tortures à appliquer aux malheureuses soupçonnées de commerce avec le diable.

Alexandre VI (1492-1503) connu également sous le nom de Borgia, acheta la tiare pour 80 000 ducats de la curie dans la nuit du 10 au 11 août 1492. Nul ne confirma ses promesses par des serments plus sacrés et nul ne les tint moins que lui. Nouveau pape, il va s’empresser de couvrir de cadeaux princiers sa famille. Tout d’abord, il est père de Pedro-Luis, Jeromina et Isabelle; la mère n’est pas connue avec certitude : puis de sa maîtresse préférée Vannozza, César, Juan, Lucrèce, Jofré. Finalement Julie Farnèse une autre maîtresse lui a donné d’autres enfants. Il maria ses enfants à la noblesse et la royauté. Lucrèce fut sa préférée, à deux reprises, elle fut chargée de l’intérim de la papauté. Dans la nuit du 14 au 15 juin 1497, son fils Juan fut assassiné. Julia Farnèse sa maîtresse, lui donna quelques semaines plus tard un fils qui porterait le nom de Juan en souvenir du défunt. Le pape et son fils César continuent de dépouiller les puissantes familles comme les Savelli, Les Caétani et les Colonna. Leurs terres devinrent des duchés comme Sermoneta qui sera donné à un bambin de 2 ans, Rodrigo fils de Lucrèce. Un autre duché est donné à un enfant de trois ans, un fils illégitime d’Alexandre VI dont la mère pourrait être sa propre fille Lucrèce. Le cardinalat fut exploité pour en trouver une autre. Le titre n'était pas gratuit, la nomination rapportait gros. Son assassinat davantage, la loi stipulant qu'en cas de décès un cardinal laissait ses biens au pape. Il aimait les orgies. Aussi, la description de la soirée orgiaque du 31 octobre 1501, rapportée par Jean Burchard, maître de cérémonies, constitue une des pages les plus crues de la littérature pornographique. Cette orgie est passée en compagnie de Lucrèce sa fille, de César son fils et d’autres familiers au cours de laquelle cinquante (50) prostituées dansent nues. La danse est suivie d’un concours où furent récompensées les prouesses de virilité les plus spectaculaires des assistants. Il eut le culot d’augmenter aux souffrances de l’Inquisition. Il mourut dans la tourmente et l’angoisse.

Pie III (1503), meurt dix jours après son couronnement. Mort naturelle ou poison? La thèse de l’attentat n’a pas été prouvée. En ce temps-là, probablement le titre était-il convoité. Jules II acheta la tiare, récupéra les terres que les Borgia avait volées à la noblesse et maria ses filles à des nobles. Le reste fut parachevé par son armée personnelle. Le 31 octobre 1517, Luther, un moine augustin, afficha à Wittenberg ses fameuses 95 thèses contre le trafic des indulgences, lançant l’ère de la Réforme et le protestantisme. Le protestantisme, bien que dans la politique des frères des Églises chrétiennes ignorées, répondrait aux représailles de l’Église catholique romaine par la violence. Il s’associerait à l’état allemand et suisse en particulier. Bientôt comme l’Église catholique, les chrétiens refusant de faire partie de la nouvelle Église réformée unie à l’État se verraient devenir victimes d’une Inquisition protestante. L’Allemagne fut conduit par Luther et la Suisse par Zwingli.

La Réformes, le siècle des Lumières, la liberté de culte (1534-1878)

Les Églises remontant au temps apostolique comme les Cathares, les Pauliciens, les Vaudois et les Albigeois par leurs courages et leurs martyrs ont réveillé chez les nations le désir du retour aux sources et de l’Évangile apostolique. Ainsi une série de réformateurs comme Martin Luther (1483 - 1531), Ulrich Zwinggli (1484 - 1531), Jean Calvin (1509 Ŕ 1564) en vint à déloger en Allemagne et en Suisse la puissante Église catholique pour lui substituer une religion d’état réformée beaucoup plus apostolique et scripturaire. Le protestantisme et le calvinisme s’opposèrent avec l’appui de l’État, fortement au catholicisme. Cependant, les frères comme les anabaptistes, les baptistes, les mennonites et les Églises primitives datant des temps apostoliques furent considérés comme hérétiques. Ils durent faire face à l’Inquisition des deux cotés. Les pays catholiques furent beaucoup plus sadiques et cruels vis-à-vis les hérétiques. Entre 1450 et 1650, l’Église catholique perdit la moitié de ses brebis au profit des Églises d’état réformées, des frères, des mystiques et beaucoup devinrent athées. L’Inquisition espagnole durera jusqu’en 1820 au Portugal, en Espagne, aux Pays-Bas et dans toutes leurs colonies. La France fut dévastée par une guerre civile entre les Huguenots et les catholiques. Ceux-ci représentaient une population au-dessus de deux (2) millions d’individus. Ces massacres ont duré près de deux cents ans. Chaque fois, les forces catholiques attaquèrent sournoisement et manquèrent à leur parole. Parole qu’elles n’étaient pas tenues de respecter sous serment par le pape. Les Huguenots furent pratiquement tous anéantis comme l’avait été autrefois les Albigeois. Cette persécution allait durer jusqu’à la révolution française. Elle fut certainement une des causes de la révolution, la liberté de culte. Bon nombre des meilleurs éléments de la nation disparurent avec l’Inquisition. Le siècle de Lumière précurseur des deux démocraties (France et États-Unis) ébranlerait la toute puissante Babylone, c’est-à-dire l’Église catholique romaine et permettrait aux survivants dans les Églises dissociées de l’état d’émigrer en grand nombre dans le Nouveau Monde. Là où par leur intelligence et leur habileté, ils vivraient avec la liberté de culte et contribueraient en grand nombre à affermir leur économie. Ce sont ces frères qui furent les descendants des baptistes, des mennonites, des évangélistes, des pencôtistes qui sont si nombreux en Amérique du nord.

Est-il nécessaire de présenter les rois de ce temps, tous pour la plupart avides du sang des saints et menés par les richesses et la gloire terrestre? Toujours affligée des mêmes maux, l’Église de Rome est à son sommet dans le népotisme, trafic des indulgences, adoration des icônes, trafic des charges écclésiastiques, simonie et Inquisition. Avec la courbe descendante qu’elle s’apprête à prendre ces maux s’atténueront. Contentons-nous de présenter les papes de ces temps : Paul III( I ) (1534-1549), Jules III( I ) (1550-1555), Marcel II( I ) (1555), Paul IV( I ) (1555-1559), Pie IV( I ) (1559-1565), Pie V( I ) (1566-1572), Grégoire XIII( I ) (1572-1585), Sixte V ( I )( T ) (1585-1590), Urbain VII( I ) (1590), Grégoire XIV( I ) (1590-1591), Innocent IX (1591), Clément VIII( I ) (1592-1605), Léon XI( I ) (1605), Paul V( I ) (1605-1621), Grégoire XV( I ) (1621-1623), Urbain VIII( I ) (1623-1644), Innocent X( I ) (1644-1655), Alexandre VII( I ) (1655-1667), Clément IX( I ) (1667-1669), Clément X( I ) (1670-1676), Innocent XI( I ) (1676- 1689), Alexandre VIII( I ) (1689-1691), Innocent XII( I ) (1691-1700), Clément XI( I ) (1700- 1721), Innocent XIII( I ) (1721-1724), Benoît XIII( I ) (1724-1730), Clément XII( I ) (1730- 1740), Benoît XIV( I ) (1740-1758), Clément XIII( I ) (1758-1769), Clément XIV( I )( T )( A ) (1769-1774), Pie VI ( I )( A ) (1775-1799), Pie VII( I ) (1800-1823), Léon XII( I ) (1823-1829), Pie VIII (1829-1830), Grégoire XVI (1831-1846), Pie IX (1846-1878).

Paul III (1534-1549) compose un comité de six (6) cardinaux chargés de réorganiser l’Inquisition. Le comité a pour tâche de veiller à la pureté de la Foi catholique avec toutes ses hérésies en prenant des mesures plus draconniennes vis-à-vis les suspects d’hérésie. Le nom du comité était « Congrégation de la Foi ». Jules II (1550-1555) aimait la vie joyeuse, se délectait de réjouissances carnavalesques, donnait des festins interminables, se passionnait pour le jeu où il misait gros, adorait la chasse et les courses de taureaux. Le 1 er mai 1551, on confirma définitivement la Compagnie de Jésus, ils se firent appelé jésuites. C’était un ordre chargé de propager la Foi catholique dans les nations. Ils étaient peu scrupuleux sur les moyens, très politisés avec beaucoup de doigtés pour obliger la noblesse à l’Inquisition. Paul IV (1555-1559) était lui-même un Grand Inquisiteur. Alors, il continua, les Juifs furent parqués dans des ghettos et astreints à porter des chapeaux jaunes comme signes distinctifs. Même les cardinaux de la curie n’échappèrent pas à ses soupçons inquisiteurs. Il osa affirmer un jour : « Si mon propre père avait été quelque peu convaincu d’hérésie, j’aurais été rassembler de mes mains le bois du bûcher ». En 1559, il publia un index des livres proscrits dont la « Bible » faisait partie. Pie V (1566-1572) était Inquisiteur à Côme. Il fit si bien son boulot de tueur qu’il fut nommé commissaire général de l’Inquisition par le terrible Caraffa devenu Paul IV. Grégoire XIII (1572-1585) se laissa impliquer dans un complot des catholiques anglais visant à faire sauter le palais avec la reine et ses gens. Un régicide pour la bonne cause, car la reine freinait le catholicisme en Angleterre. Sixte V (1585-1590) s’afficha clairement contre le banditisme. Les exécutions étaient quotidiennes, partout on voyait la tête d’un bandit fichée au bout d’un pieu. Il avait étendu la peine de mort à la rapine et l’adultère. Le concile de Trente approuva la traduction de la Vulgate en 1546, le pape trouva que la traduction n’allait pas assez vite. Comme pape, il était sûr de l’assistance immédiate du Saint Esprit, il décida de mener à bien seul ce travail. Bien qu’on lui dit que ce travail était celui des érudits. En 1590, il publiait fièrement la nouvelle Bible « authentique ». C’était une catastrophe. On comprend avec les hérésies du catholicisme qu’il était difficile de traduire une Bible pour la commission nommée. À sa mort, on fit arrêter la vente de cette Bible. Et cela prit dix années à en faire la correction par une équipe complète et spécialisée. En 1587, Sixte V décida, avec Philippe II de ramener l’Angleterre dans le giron des pays catholiques. On mit au point une stratégie qui se solda par une défaite de l’Invincible Armada dans la Manche entre le 31 juillet et le 8 août 1588. L’Espagne y perdit sa flotte, instrument de son hégémonie mondiale. Alors, le pape renonça à l’espoir de reprendre l’Angleterre dans son giron et se dispensa de payer l’Espagne que par contrat, il s’était engagé à financer. Paul V (1605-1621), dont le nom est Camillo Borghèse était lui aussi Inquisiteur. Il lança le dernier interdit, mais déjà la Renaissance se fait sentir et les gens n’en tinrent point compte. Venise pria les religieux catholiques de quitter la ville et le pape pour ne pas perdre la face, retira excommunion et interdit, les rois de France et d’Espagne l’ayant fortement contraint. Urbain VIII (1623-1644) laissa l’Inquisition procéder au procès de Galilée 161, savant et théoricien, qui

161 Le petit Larousse illustré 1990. Galilée : physicien, astronome et écrivain italien (1564-1642). Il est l’un des fondateurs de la mécanique moderne et a joué un rôle majeur dans l’introduction des mathématiques pour l’explication des lois physiques. Au terme de nombreuses expériences, il a découvert la loi de la chute des corps dût se rétracter pour conserver la vie. Cependant, il fut confiné chez lui pendant douze années. L’autre événement fut un témoignage accablant, poussé comme un cri d’horreur du sein des procès de sorcellerie. Il venait d’un jésuite allemand Friesrich von Spee. Il avait accompagné jusqu’au bûcher plus de 200 femmes convaincues de commerce avec le diable. Au mois de mai 1631, il publiait son livre Cautio criminalis où il disait : « J’affirme sous serment que de toutes les malheureuses que j’ai, assistées jusqu’au feu, aucune n’était coupable du crime qu’on leur imputait. À continuer ainsi, plus personne ne sera à l’abri de semblables accusations. Malheur aux juges qui n’intentent ces procès que pour faire main basse sur les biens des condamnés ».

Le Traité de Westphalie (1648) qui mit fin à la guerre de Trente Ans entre l’Espagne, les Provinces-Unies, l’Empire germanique, la France et la Suède. Cela permit de régler les différends confessionnels et territoriaux. Cela devait mettre un terme à la prépondérance politique de la papauté. Enfin, nous sommes rendus au siècle de Lumière et bientôt, la tyrannie catholique et son Inquisition cesseraient dans la majorité des territoires de l’Europe. Innocent XI (1676-1689) s’oppose à la cruauté dont le roi de France fait preuve avec les Huguenots dans la révocation de l’Édit de Nantes. Il veut émettre une bulle interdisant le népotisme, mais y est empêché par la curie. Innocent XII (1691-1700) enlève le népotisme par le « Romanum decet Pontificem ». Les seuls autres papes qui succomberont au népotisme après la bulle seront : Benoît XIII (1724-1730), Pie VI (1755-1799) et Pie XII (1939-1958).

Enfin, nous sommes rendus au siècle de Lumière. L’Europe se réveille à plusieurs théories, sciences et idéologies nouvelles. Tranquillement et sûrement, la noblesse délaissera la théologie pour se gaver de nouveautés. Le Nouveau Monde devient une attraction salutaire pour plusieurs. Clément XII (1730-1740) constata la puissance politique de Rome déclinée. En effet les privilèges de l’Église et les droits du Saint-Siège étaient froidement ignorés par les cours d’Europe. Il fit la première dénonciation de la franc-maçonnerie. Clément XIII (1758- 1769) négocie avec les différentes cours d’Europe qui veulent l’extinction des jésuites.

dans le vide, donné une première formulation du principe de l’inertie, pressenti le principe de la composition des vitesses et mis en évidence l’isochronisme des oscillations du pendule. En introduisant l’emploi de la lunette en astronomie (1609), il a été aussi à l’origine d’une révolution dans l’observation de l’Univers. Il découvrit notamment le relief de la Lune, les principaux satellites de Jupiter, les phases de Vénus et la présence d’étoiles dans la Voie lactée. Rallié au système du monde proposé par Copernic, il dut se rétracter devant l’Inquisition (1633). Auteur du discours concernant deux sciences nouvelles (1638), il a aussi écrit des essais sur Dante et l’Arioste.

Cependant en Espagne, au Portugal et en France les biens de l’ordre sont saisis. À Naples, en Sicile et à la Parme on expulse les jésuites. On lance l’épiscopalisme 162. Clément XIV (1769- 1774) repoussera l’épicopalisme en accordant aux cours d’Europe par le « Dominus ac Redemptor » la dissolution de la « Compagnie de Jésus » ou l’ordre des jésuites. Pour sauver sa tiare, le pape a sacrifié un ordre catholique et s’est accaparé 679 collèges, 176 séminaires, 355 résidences et 84 maisons professes. Ils étaient 22 589 membres dans l’ordre. Puis, il a donné à Monsignore Alfani l’ordre d’instruire le procès des jésuites. Celui-ci y mit tout son zèle par la fortune ramassée. Plusieurs moururent en prison. Les jésuites furent sauvés d’une extinction complète grâce à deux souverains non catholiques : le protestant Frédéric II de Prusse et l’orthodoxe Catherine II de Russie. Clément XIV est mort assassiné, probablement par un jésuite. Pie VI (1775-1799) souffrit en voyant s’éteindre la papauté. Il connut la révolution de 1776 de l’autre côté de l’Atlantique. Un pays contrôlé par le protestantisme, les frères considérés comme hérétiques et les Juifs. Forcément, cette victoire de la démocratie entraînera en 1789 la révolution française anticléricale avec les huguenots presque exterminés par la cruauté catholique. Ce fut la fin de l’autocratie du culte dans les consciences des Français. La France désormais serait une République démocratique semblable aux États-Unis d’Amérique et il y aurait la mainmise des biens du clergé par l’État. L’Archevêque de Paris passait au culte de la « Déesse Raison ». Les royaumes commencèrent un à un à proclamer l’absolutisme 163. Le 15 février 1798, sous Napoléon le général Berthier proclamait à Rome la République et déposait le pape. Le 20 février, le pontife était fait prisonnier et emmené en exil. Il y mourut le 29 août 1799. Les temps avaient bien changés.

La papauté fut restaurée par Bonaparte. Non pour sa foi, mais il disait si bien : « On ne gouverne pas des hommes qui ne croient pas en Dieu, on les fusille ». Le 19 février 1801, grâce au traité de Lunéville, le pape Pie VII (1800-1823) récupérait une partie de son État. Le 15 février Bonaparte signa un concordat d’ou il reconnaissait la religion catholique comme celle de la majorité des Français. Celle-ci aurait tout son appui aussi longtemps qu’elle ferait de ses fidèles des sujets parfaitement soumis au pouvoir, au dire de Bonaparte. Leon XII (1823-1829) interdit que la Bible soit traduite dans des langues nationales, la vaccination

162 Le petit Larousse illustré 1990. Épiscopalisme : Théorie selon laquelle l’assemblée des évêques a plus de pouvoir que le pape. 163 Le petit Larousse illustré 1990. Absolutisme : Régime politique dans lequel tous les pouvoirs sont sous l’autorité du seul chef de l’État.

antivariolique et ramème les temps à l’Inquisition ou les Juifs sont mis dans des guettos et dépouillés de leurs biens. Même coutume, on vole les biens des Juifs et des hérétiques pour enrichir la chère Église catholique. La Bible en étant traduite que dans le latin et des langues mortes, seul le clergé en conservait la diffusion à sa manière. Pie VIII (1829-1830) mit fin à l’Inquisition dans les États pontificaux. De toute façon, avait-il le choix? L’Inquisition avait pratiquement cessé avec la Révolution française, Joseph Bonaparte en 1808, l’avait pratiquement supprimée. Ferdinand VII rétablit l’Inquisition espagnole en 1814 : elle sera abolie définitivement par Marie-Christine, le 13 juillet 1843; le 31 mai 1820, l’Inquisition américaine 164 disparut; l’Inquisition portugaise disparut officiellement en 1821 165. Seuls les Hohenzolern et la Russie s’attacheraient encore au pogrom, ghettos et, en quelques endroits, à l’Inquisition. Il était clair que la royauté et les démocraties ne referaient plus l’erreur d’unir l’Église à l’État et de perdre des citoyens cruciaux dans l’évolution économique des pays comme : les juifs, les chrétiens sincères attachés aux Écritures et aux lois apostoliques, les savants et les hommes de science. Quant, aux sataniques et aux lucifériens, très peu passèrent par l’Inquisition. Devant Dieu, sur terre, ils sont libres de leur choix, de leur vivant ils peuvent toujours revenir et demander repentance pour leurs péchés. Grégoire XVI (1831-1846) fut pressé par le prince Napoléon à renoncer à tout pouvoir temporel, car celui-ci voulait unir l’Italie. Le pape appela les troupes autrichiennes qui occupèrent Parme, Modène, Ferrare et Bologne. Il renforça son absolutisme sur les États pontificaux. Ce temps se nomme la « clérocratie ». Le Consalvi considérait comme des inventions venues du diable les nouveautés du XIXe siècle comme : éclairage au gaz, ponts suspendus et chemin de fer. En 1832 le « Mirarivos » condamnait en bloc : la liberté de conscience, la liberté de pensée et de parole, le désir de réforme, la liberté de presse et la séparation de l’Église et de l’État. Pie IX (1846-1878) comprit la phrase si célèbre du Seigneur « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Depuis que Constantin avait fait cadeau à Silvestre de son palais du Latran en l’an 314, l’Église de Rome n’avait jamais cessé d’être politisée, son accumulation des richesses et son pouvoir temporel passait bien avant celui de Christ. Ainsi, depuis près de 2000 ans cette Église n’a apporté aucun fruit au Christianisme, elle lui a même nui. Le roi d’Italie Victor Emmanuel et les Piémontais occupèrent Rome le 20 septembre 1870 et supprimèrent les États pontificaux. Au lieu d’être reconnaissant, car enfin,

164 L’Inquisition américaine était pratiquée dans les colonies espagnoles. Les U.S.A. et le Canada n’ont jamais connu cette barbarie. 165 L’Inquisition par Henri Maisonneuve, Desclée/Novalis, ISBN 2 89088 407 4, P 154-157.

le pape allait pouvoir diriger l’Église romaine et ses ouailles, il excommunia tous ceux qui avaient participé à la prise de Rome. En 1850, la hiérarchie catholique était rétablie en Angleterre et en 1853 aux Pays-Bas. En 1854, il proclamait le dogme de l’Immaculée Conception. Les Écritures affirment que Marie fut mise enceinte par la puissance du Saint- Esprit. Pourquoi le dogme de l’Immaculée Conception? Le 18 juillet 1870, le dogme de l’Infaillibilité du pape était proclamé avec beaucoup de contredit. Pierre n’était pas infaillible, comment le pape peut se proclamer infaillible? Il suffit de regarder l’histoire de la papauté pour considérer que ces hommes sont des grands pécheurs pour la plupart non régénérés devant Dieu. Les sacrements et les dogmes de cette Église sont leurs accusateurs devant le Seigneur.

Un Royaume qui n’est pas de ce monde (1878 Ŕ AUJOUD’HUI)

Les pontifes formant l’histoire moderne sont Léon XIII (1878-1903), Pie X (1903-1914), Benoît XV (1914-1922), Pie XI (1922-1939), Pie XII (1939-1958), Jean XXIII (1958-1963), Paul VI (1963-1978), Jean-Paul I (1978) ( A ), Jean-Paul II (1978- 2005), Benoit XVI (2005 Ŕ